Wednesday, November 30, 2005

Crash au Venezuela : 153 Français de Martinique décédés

Effondrés, les proches espèrent malgré tout encore un miracle, après le crash du vol de la West Carribbean au Venezuela.
Une catastrophe qui a fait 161 morts. Les huit membres d'équipage avaient embarqué à Bogota. Le MD-82 de la compagnie colombienne s'était ensuite rendu au Panama pour embarquer ses 153 passagers, tous des Français de Martinique.
Après une semaine de vacances, ils devaient regagner leur île. Destination jamais atteinte. Frappé par les pannes presques simultanées de ses deux réacteurs, l'appareil a plongé à pic à mi-chemin et s'est écrasé dans l'ouest du Venezuela.
Le premier ministre français Dominique de Villepin a exprimé sa solidarité aux familles et annoncé les premières mesures."Une cellule de crise est opérationnelle au ministère des Affaires étrangères, et le ministre de l'Outre-mer, François Baroin se rendra dans les toutes prochaines heures en Martinique", a-t-il annoncé. L'appareil de la West Carribean avait été contrôlé à deux reprises depuis le printemps par les autorités françaises et aucun problème n'avait été détecté. Des enquêteurs ont été dépêchés sur les lieux du crash et en Martinique.

[www.euronews.net]

153 Français de Martinique victimes de l'accident d'avion au Vénézuela

16.08.05 17:04 PARIS (AP)
-- Cent cinquantre-trois Français de Martinique ont trouvé la mort dans l'accident d'un avion de ligne dans l'ouest du Venezuela tôt mardi matin, avec 152 passagers à bord, a annoncé le Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Le président Jacques Chirac «a appris avec une très vive émotion l'épouvantable catastrophe aérienne qui s'est produite au Venezuela et dont ont été victimes un très grand nombre de Français», selon un communiqué de l'Elysée.
Le chef de l'Etat «est en contact permanent avec le Premier ministre» Dominique de Villepin «afin que toutes les dispositions nécessaires soient prises sur place avec les autorités vénézuéliennes».
Une cellule de crise a été ouverte au ministère des Affaires étrangères. Son numéro est le 0-800-174-174.
«Un grand nombre de passagers résidant en Martinique», Jacques Chirac «a demandé à François Baroin, ministre de l'Outre-mer de s'y rendre immédiatement».
Ce dernier devrait quitter Paris en fin d'après-midi, selon son ministère. Une cellule de crise a également été mise en place à la préfecture de Martinique à Fort-de-France.
Le président français a exprimé «ses condoléances les plus attristées et sa profonde compassion aux familles des victimes».

AP

Plus de 150 Français de Martinique meurent dans un accident d'avion au Venezuela

Le 16 août 2005 - 14:05
Plus de 150 Français de Martinique meurent dans un accident d'avion au Venezuela
Presse Canadienne Cent cinquante-deux Français dont un bébé originaires de Martinique ont trouvé tôt mardi la mort dans l'accident d'un avion de ligne dans l'ouest du Venezuela, avec 160 personnes à bord.
Le MD-82 d'une compagnie colombienne, qui avait décollé à 2h locales du Panama et devait se poser à 5h locales à l'aéroport Lamentin/Fort-de-France, s'est écrasé près de MaracaJibo environ 1h15 après le décollage, selon le ministère français de l'Outre-mer.
L'appareil de la West Caribbean Airways avait "été contrôlé par deux fois par les services locaux" de la DGAC depuis mai dernier, a souligné le ministre des Transports Dominique Perben, et "ces deux vérifications n'avaient entraîné aucune observation particulière".
La compagnie était autorisée à faire un vol charter entre Panama et Fort-de-France d'une part, et Pointe-à-Pitre d'autre part, depuis le début du printemps 2005".
M. Perben a précisé que "le vol avait été commandé par une agence de voyage martiniquaise. Tous les passagers participaient à un même voyage organisé au Panama, selon la mairie de Fort-de-France.
Alors que le président Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont part de leur "émotion" après le drame, une cellule de crise a été ouverte au ministère des Affaires étrangères et une autre en préfecture de Martinique, tandis qu'un soutien psychologique est fourni aux familles des victimes à l'aéroport de Lamentin à Fort-de-France.
Une cellule interministérielle de crise regroupant les ministères de l'Outre-mer, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Transports a été également mise en place.

[www.matin.qc.ca]

Tuesday, November 29, 2005

Malgré le décès des proches, il faut «garder le cap», estime le maire martiniquais du François

AP 17.08.05 09:31 PARIS (AP) --
Plusieurs dizaines d'habitants de la commune martiniquaise du François ont péri dans l'accident d'avion de la compagnie West Caribbean, a rapporté mercredi le maire de la commune Maurice Antiste qui entend «garder le cap». «C'est plusieurs dizaines de Franciscains qui ont péri dans cette catastrophe», a expliqué Maurice Antiste sur RTL interrogé au téléphone depuis la Martinique. «En mairie, nous avons ouvert très tôt ce matin une cellule d'accompagnement.» Maurice Antiste, qui a lui-même perdu quatre membres de sa famille, a dit qu'il se doit de «garder le cap». «Même si j'ai complètement le coeur et l'âme déchirée puisque je perds ma propre famille dans l'accident, j'estime qu'il faut que je reste serein et digne parce que plusieurs Martiniquais sont dans le même cas que moi». Un avion affrété par la compagnie colombienne West Caribbean Airlines s'est écrasé mardi au Venezuela, avec 152 passagers tous originaires du département français des Antilles. Beaucoup d'habitants comptaient un ami ou un parent parmi les victimes.

Crash au Venezuela: la Martinique sous le choc

par Hervé Brival
DUCOS, Martinique (AP) -- Enfants et petits-enfants, tous s'étaient pressés à l'aéroport de Fort-de-France pour souhaiter bon voyage au couple Berisson qui célébrait ses 50 ans de mariage. Quand ils sont revenus mardi à l'aéroport du Lamentin, une immense vague de douleur a effacé la perspective des retrouvailles à l'annonce de la catastrophe aérienne.
Paul Berisson, 79 ans, et son épouse George, 70 ans, qui avaient fait le voyage pour leurs noces d'or avec une trentaine d'amis, comptaient au nombre des 160 occupants de l'appareil de la compagnie colombienne West Caribbean Airways, qui s'est écrasé dans une zone boisée de l'ouest du Venezuela alors qu'il regagnait la Martinique en provenance du Panama.
Aucun des huit membres d'équipage colombiens et des 152 passagers -dont un enfant de 21 mois- originaires du département d'outre-mer n'a survécu à l'accident. La nouvelle, accueillie dans l'angoisse puis par des larmes et des cris, s'est accompagnée d'une onde de choc dans l'île de la Martinique, où beaucoup d'habitants comptaient des proches ou des amis parmi les victimes.
«Ce qui nous console, c'est qu'ils ont été ensemble jusqu'à la fin», a confié Giselle Berisson, 45 ans, fille du couple de septuagénaires disparus dans le crash. «Le jour de leur départ, toute la famille était ici pour leur dire au revoir... Nous avions fait un repas de famille pour se dire au revoir. Cela nous console aussi».
La Martinique, distante de 7.000km de la métropole et forte de quelque 432.000 habitants, «est un petit endroit. Alors 152 morts, vous imaginez», souligne Magali Audrain-Grivalliers, chargée de communication à la préfecture. «Cela veut dire que de façon virtuelle, chacun avait un cousin dans cet avion».
A l'aéroport du Lamentin, les parents des passagers se sont effondrés en sanglots à l'écoute de la liste de leurs proches décédés, lue à haute voix. «L'aéroport était un cauchemar en lui-même, avec toutes ces familles qui attendaient des nouvelles. Certains savaient et partaient en larmes», raconte Georges Venkapaten, dont le frère de 48 ans est mort en compagnie de sa femme et de son fils âgé de six ans. «C'est encore dur à croire», «mon frère et toute sa famille sont partis», ajoute-t-il.
M. Venkapaten a fait partie des nombreuses personnes réconfortées mercredi par le ministre de l'Outre-Mer François Baroin à l'issue de la cérémonie oecuménique organisée à l'aéroport du Lamentin.
Parmi les proches des victimes, des enfants dont les parents étaient partis en vacances au Panama sont devenus orphelins en l'espace d'une nuit. «Ils demandaient: 'Qu'est-ce qui va nous arriver? Qu'est-ce que nous allons faire?' Ce sont des questions qui vous donnent la chair de poule», a témoigné sur la radio RCI Max Bottius, l'un des psychologues envoyés à l'aéroport pour soutenir les familles. Dans la proche localité de Ducos, qui aurait perdu une trentaine de ses habitants dans le crash du MD-82, quelque 150 amis et proches se sont réunis devant la mairie. «Je ne comprends pas. C'est comme si le ciel m'était tombé sur la tête aujourd'hui», confie sous le choc Claire Renette, 40 ans, dont la soeur est morte dans l'accident.
A son arrivée en Martinique en provenance de Paris, M. Baroin a souligné que la «priorité» était «l'information donnée aux familles». «La première décision à prendre, c'est d'abord de bien s'assurer que toutes les familles souffrent le moins possible», a dit le ministre. «Il faut qu'ils sachent qu'on est là, qu'ils ne sont pas seuls dans leur douleur», a-t-il ajouté après avoir rencontré les membres de la cellule de crise installée à l'aéroport.
Souhaitant que «chacun dispose du même niveau d'information» concernant l'enquête sur l'accident, il a déclaré qu'il «fallait voir de quelle manière on peut rapatrier les corps, sachant qu'on ne peut pas les rapatrier tant qu'ils n'ont pas été identifiés».
Après la cérémonie oecuménique à l'aéroport, M. Baroin devait se rendre à Ducos et dans d'autres localités endeuillées comme Saint-Esprit, Le François et Basse-Pointe, dont 16 concitoyens sont morts. AP

La Martinique unie dans le deuil, après le crash au Venezuela

LEXPRESS.fr avec Reuters
Plusieurs centaines de Martiniquais ont participé à une cérémonie oecuménique en hommage aux 152 victimes de la catastrophe du MD-82 de la West Caribbean, qui s'est écrasé la veille au Venezuela.
"Nous avons une véritable union martiniquaise. La région a été gravement touchée" a déclaré Daniel Marie-Sainte, vice-président du Conseil régional, qui a perdu six collaborateurs.
Les participants se sont rassemblés dans l'ancienne aérogare du Lamentin où a été installée une cellule de crise, en présence du ministre de l'Outre-mer, François Baroin.
Daniel Marie-Sainte a appelé les 390.000 Martiniquais à aller se recueillir dans la chapelle ardente qui sera installée dès jeudi matin au stade de Dillon, non loin de Fort-de-France.
Les familles des défunts déposeront des photos des victimes. "Nous souhaitons que l'ensemble du peuple martiniquais puisse se recueillir", a-t-il ajouté, précisant qu'il entendait affréter prochainement un avion pour emmener au Venezuela des familles et des élus.
Un deuil de deux mois a été décrété dans l'île et toutes les manifestations et les festivités publiques ont été suspendues pour plusieurs semaines. Depuis mardi, les drapeaux sont en berne et des cérémonies civiles et oecunémiques sont prévues après le rapatriement des corps. "Au-delà de tout ce qui distingue et qui sépare, il y a lieu de partager la douleur et de faire les gestes qui conviennent", a déclaré Miguel Laventure, élu local, saluant le geste oecunémique de la matinée qui symbolise la diversité religieuse de l'île.
"C'EST UN PETIT PAYS" Le Président du Conseil général, Claude Lise, a appelé les élus de toutes tendances "à l'unité", affirmant que les Martiniquais n'avaient "plus le même regard" aujourd'hui. "Cent cinquante victimes dans une île d'environ 400.000 habitants, c'est beaucoup", a pour sa part souligné Serge Larcher, président de l'Association des maires de l'île.
"La Martinique entière est triste.
C'est un petit pays où tous les gens se connaissent", a dit Maurice Inimod, élu du Vauclin, une petite commune de pêcheurs d'environ 8.000 habitants au sud-est de l'île d'où sont originaires une demi-douzaine de victimes. "J'ai perdu une très bonne amie dans ce drame, elle venait de se marier", a-t-il ajouté, soulignant la détresse de la mère de cette fille unique.
Il a mis l'accent sur le lourd tribut payé par les élus de La Martinique, qui ont perdu des proches. "C'est la première fois que La Martinique est touchée par un tel drame. Chacun y a un parent ou une connaissance", a ajouté Maurice Inimod, soulignant que de nombreux témoignages de soutien affluaient de toutes les îles voisines.
Victorin Lurel, président du Conseil régional de la Guadeloupe, s'est rendu en Martinique pour exprimer sa solidarité. "Les Guadeloupéens sont tous Martiniquais aujourd'hui", a-t-il dit, rappelant qu'une catastrophe aérienne avait endeuillé son île il y a plus de quarante ans.

[www.lexpress.fr]

La Martinique sous le choc, après le Crash d'un avion au Venezuela

le 18 août 2005
160 morts dans le crash d'un avion colombien au Venezuela, mardi. La majorité des passagers était des Martiniquais. Un bien lourd bilan pour cette petite île des Caraïbes.
Des cris de douleur et de désespoir ont envahi l'aéroport du Lamentin à Fort-de-France, hier après-midi, à l'annonce de la liste des passagers à bord de l'avion colombien qui s'est écrasé mardi dans les montagnes ouest du Venezuela. Aucun des 152 passagers, essentiellement martiniquais, et les huit membres d'équipage n'a survécu. L'appareil, un biréacteur Mc Donnell Douglas de Type MD-82, de la compagnie West Carribean, spécialisée dans les vols vers les Caraïbes, effectuait une liaison entre le Panama et l'île de la Martinique. Il s'est dérouté vers le Venezuela à la suite d'une panne de moteur.
L'avion s'est écrasé entre 3h30 locales et 3h45. Selon le ministre vénézuélien de l'intérieur, Jesse Chacon, le pilote de l'appareil a signalé à la tour de contrôle de Caracas des problèmes mécaniques vers 2 heures locales, à un réacteur, dans un premier temps, et quelques minutes plus tard au deuxième. Les autorités aéroportuaires ont perdu le contact avec lui une dizaine de minutes après cet échange.
Forte explosion
L'appareil a modifié son itinéraire et a demandé à pouvoir atterrir d'urgence à l'aéroport de Chinita, à Maracaibo dans l'ouest du Venezuela, mais il s'est écrasé sur la Sierra de Perija près de la petite ville de Machiques. "Il a commencé à descendre à une vitesse de 7 000 pieds par minute", a indiqué Jesse Chacon. Les premiers témoignages de paysans qui ont vu l'accident signale une "forte explosion".
Sur place, des soldats ont recherché d'éventuels survivants mais leurs efforts pour atteindre l'appareil étaient entravés par d'épais nuages et des pluies dans la zone de l'accident, proche de la frontière colombienne. Les victimes martiniquaises venaient de passer une semaine de vacances au Panama. Ils avaient acheté leur billet par l'intermédiaire d'une agence de voyage locale, située à Rivière Salée.
Tout au long de la journée les familles se sont rendus à l'aéroport de Port au Prince pour s'informer. Mais les nouvelles arrivaient au compte goutte. La radio locale transmettait les témoignages des proches jusqu'à ce que soit établi et rendu public la liste des victimes, par un député martiniquais. Dans une atmosphère insoutenable de pleurs et de hurlements, le député a annoncé un à un le nom des passagers, demandant aux familles de rester pour commencer le travail d'identification. Des pompiers, des psychologues étaient présents pour entourer les proches. La Croix Rouge a également mis en place un dispositif d'urgence. Les autorités de Martinique ont ensuite promis qu'elles faciliteraient les voyages pour permettre aux familles de se rendre sur les lieux de l'accident.
Août marqué par les crashs
Une cellule de crise à été ouverte au ministère des Affaires étrangères en France et une autre a été mise en place à la préfecture de Martinique à Fort-de-France. Jacques Chirac, le président français, a exprimé, hier "sa vive émotion" et a assuré prochainement un entretien avec le président vénézuélien Hugo Chavez pour "que soit éclaircit, dans les plus brefs délais, les circonstances du drame". Il a également demandé à François Baroin, le ministre de l'Outre-mer de "se rendre immédiatement" en Martinique. Ce matin, une quinzaine d'experts français décollait vers le Venezuela pour aider à l'identification des victimes et rechercher les causes de l'accident.
Il s'agit du deuxième accident mortel en cinq mois, pour West Carribean. En mars, un bimoteur de cette compagnie s'est écrasé pendant son décollage de l'île colombienne d'Old Providence, faisant huit morts et six blessés.
Ce mois d'août est marqué par les tragédies aériennes. Le 2, un airbus d'Air France a pris feu à l'atterrissage à l'aéroport de Toronto, mais les 309 occupants de l'appareil ont survécu. Le 14, un Boeing 737 de la compagnie chypriote Helios Airlines s'est écrasé à une trentaine de kilomètres au nord d'Athènes. Les 121 passagers et membres d'équipage sont morts dans la catastrophe.

Céline Coussens
[www.stopinfos.com]

La Martinique en deuil

FORT-DE-FRANCE (AP)
-- La Martinique en deuil après l'accident du charter colombien de mardi qui a coûté la vie à 152 habitants de l'île. Face au choc subi par tous les Martiniquais, le gouvernement français a tenu mercredi à les assurer de son soutien et de la mise en oeuvre de moyens importants pour identifier et rapatrier les victimes. Un hommage national devrait par ailleurs être rendu mercredi prochain.
«La première décision à prendre, c'est d'abord de bien s'assurer que toutes les familles souffrent le moins possible», a déclaré le ministre de l'Outre-mer François Baroin dès son arrivée mercredi à Fort-de-France.
«Il faut que (les proches des victimes) sachent qu'on est là, qu'ils ne sont pas seuls dans leur douleur», a-t-il dit après avoir rencontré les membres de la cellule de crise installée à l'aéroport.
Un hommage national pourrait se tenir mercredi prochain au stade de Dillon, à Fort-de-France, a également annoncé M. Baroin. Parallèlement, Serge Larcher, sénateur-maire du Diamant et président de l'Association des maires de Martinique, a «invité tous les Martiniquais à venir exprimer leur solidarité avec les familles endeuillées, et ceci dès (jeudi) 9h au stade de Dillon», a-t-il dit sur la chaîne France O Interrogé au terme de la cérémonie oecuménique organisée dans la matinée à l'aéroport du Lamentin, M. Larcher a ajouté que les maires de la Martinique avaient décidé de mettre tous les drapeaux de l'île en berne, et qu'une période de deuil de «deux mois» serait observée.
Lors de cette cérémonie qui a rassemblé près de 250 personnes, François Baroin a tenté de réconforter les personnes présentes et a pris dans ses bras une petite fille en pleurs, qui a perdu ses parents dans le drame. Plusieurs personnes âgées se sont effondrées de douleur.
De nombreuses victimes effectuaient le voyage par l'intermédiaire de leur comité d'entreprise, en famille. M. Baroin devait se rendre à Ducos et dans d'autres localités endeuillées comme Saint-Esprit, Le François et Basse-Pointe, dont 16 concitoyens sont morts. Pour les familles qui le souhaitent, un vol spécial va être organisé sur les lieux du drame, à Maracaïbo (nord-ouest du Venezuela), a précisé le ministre de l'Outre-mer qui souhaite que cela se fasse «le plus tôt possible».
«Entre 160 et 180 personnes seront amenées à se déplacer» car «je souhaite qu'il y ait un représentant, non pas par victime, mais par famille», a-t-il expliqué. «Les gens qui iront à Maracaïbo ne pourront pas rester plusieurs jours», seulement «pendant quelques heures». M. Baroin a assuré que la «priorité» reste «l'information donnée aux familles» des victimes sur les circonstances du drame. Il faut que «chacun dispose du même niveau d'information» sur l'enquête.
Il «faut voir de quelle manière on peut rapatrier les corps, sachant qu'on ne peut pas les rapatrier tant qu'ils n'ont pas été identifiés», a ajouté le ministre qui devait se rendre en fin de journée à Caracas. Il y rencontrera le président vénézuélien Hugo Chavez, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, avant de retourner à Fort-de-France.
Depuis Paris, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a prévenu pour sa part que le processus d'identification des victimes pourrait être difficile et prendre du temps. Lors d'un point presse, M. Douste-Blazy a expliqué que le travail portait pour l'heure sur la récupération des dépouilles et leur transfert à la Faculté de médecine de Maracaïbo, où plus de 60 corps se trouvent déjà, avant que les équipes ne procèdent à l'identification des corps.
Des spécialistes français, tant en identification judiciaire qu'en aéronautique, ont été envoyés en Martinique et au Venezuela.

La Martinique en pleurs

En Martinique, frappée par la plus grande catastrophe aérienne de son histoire avec le crash d'un vol de la West Caribbean Airways, un lieu de recueillement doit être mis en place dans le stade de Dillon à Fort-de-France, le plus grand complexe sportif de l'île. Des élus martiniquais se sont également réunis à l'aéroport de Fort-de-France pour demander une journée de deuil, qui devrait être organisée après le rapatriement des corps des passagers. Le conseil général et le conseil régional ont décidé d'affréter un avion pour que les familles endeuillées puissent se rendre au Venezuela, une fois que les corps auront été identifiés.
Mardi, sitôt la nouvelle du drame connue, des dizaines de proches des victimes ont afflué à l'aéroport du Lamentin, où devait se poser l'avion reliant Panama à la Martinique, qui s'est écrasé au Venezuela. Larmes et cris d'horreur ont accompagné la lecture de la liste des 152 Martiniquais tués dans l'accident. Les agents de la Sécurité civile et les pompiers ont dû soutenir des mères évanouies, transportant dans les postes de secours installés à la hâte, les plus faibles, brisées par l'émotion. Debout dans la chaleur, la plupart n'y croyaient pas. La préfecture avait pour sa part mis en place une cellule de crise. Ce qui n'était qu'un retour de vacances du Panama en cette période estivale s'est transformé en cauchemar.
Contacts : Cellule de crise de la préfecture à Fort-de-France : 05 96 39 38 92
Cellule interministérielle de crise : 0800 174 174
Site du ministère de l'Outre-mer : www.outre-mer.gouv.fr
Contacts pour les familles à la West Caribbean : (57-4) 3625050, poste 213 311 3077823
Une miraculée Pour Renée, employée de l'agence de la Sécurité sociale de la Martinique, cet accident "est une catastrophe. C'est d'autant plus triste pour nous que 26 collègues de la Sécurité sociale ont disparu dans cet accident. On était comme une grande famille, alors on est meurtris". L'agence de voyage Globe Trotter de Rivière Salée, qui avait affrété l'avion de la WCA pour ce voyage, avait démarché de nombreuses institutions et collectivités territoriales de la Martinique pour ce voyage d'une semaine au Panama. "Toute la Martinique est affectée et on ne peut pas rester insensibles à ce drame. Par les infos, j'ai entendu le nom de la mère d'une amie et j'ai voulu voir de mes yeux son nom sur la liste. Sa fille est en vacances, je ne la vois pas, alors je m'inquiète. On est solidaires. C'est toute la Martinique qui est en pleurs", raconte Rose, la quarantaine.
Parmi les victimes, deux résidaient à Vauréal, dans le Val d'Oise, qui comprend une importante communauté antillaise ; seize étaient des salariés de la Caisse générale de Martinique. Seule miraculée, une Martiniquaise a échappé à l'accident, car elle avait renoncé au dernier moment à ses vacances, a-t-elle raconté à Radio Caraïbes International. Gertrude Romain figurait par erreur sur la liste des passagers de l'avion colombien. Cette enseignante retraitée devait en effet partir lundi 8 août avec des amis pour le Panama mais au dernier moment, elle a renoncé car l'un de ses enfants était tombé malade.
[news.tf1.fr]

Une catastrophe pour la Martinique

Toute la journée d’hier, les résidants martiniquais de la Réunion ont tremblé en attendant que soit communiquée la liste des personnes disparues dans le crash du vol WCA 707 au Venezuela. En découvrant les noms de victimes parfois familières, la petite communauté exilée s’est comportée comme souvent lors de pareil catastrophe : en se serrant les coudes.

[18 août 2005]

Joël, Mario, Edward, Denis, Pedro... Tous ces Martiniquais, Réunionnais d’adoption, se penchent avec inquiétude sur la terrible liste aux 152 noms de passagers originaires de leur île décédés dans le crash du vol 707 de la West Caribbean Airways en partance de Panama et à destination de Fort-de-France. Depuis avant-hier ils ont cherché, comme toute la diaspora martiniquaise, à savoir si l’un ou l’autre de leurs proches a eu le malheur de se trouver dans le M-D 82 colombien qui s’est écrasé au Venezuela.
“C’est comme si un avion se crashait entre la Réunion et Maurice”
“J’ai essayé de joindre mes parents toute la soirée et la journée d’hier, en vain. Les lignes sont vite saturées, et je n’ai pas eu de nouvelles avant ce soir”, confie, soulagé, Joël Mongin. Le président de l’antenne locale de la FNTR (Fédération nationale des transporteurs routiers) est aussi celui de Soleil Caraïbes, une association culturelle regroupant les Antillo-Guyanais installés à la Réunion. Hier soir, cette petite association comptant une cinquantaine de membres n’a jamais eu autant de raisons de se réunir, en presque trente ans d’existence. “On était tous très inquiets, car là-bas tout le monde voyage beaucoup. Il y a beaucoup d’îles et de pays autour de la Martinique, et n’importe quel membre de la famille peut prendre l’avion à tout moment, surtout en cette période de vacances. Cela aurait pu toucher n’importe qui”, explique Mario Corbeau, 2e vice-président de Soleil Caraïbes. “Panama est une destination à la mode. C’est comme si un avion se crashait entre Réunion et Maurice.” “C’est une catastrophe pour la Martinique et la France même”, renchérit Joël Mongin. Passé le soulagement de ne pas trouver de parents ou proches dans la liste des passagers, le petit groupe note les noms connus et les villages d’origine des victimes.
Je les connaissais” “
Il y a cinquante personne de ma ville de Saint-Esprit”, note un membre de l’association originaire de cette bourgade de 7 000 habitants. “Il y en avait 18 qui travaillaient à la mairie de Basse-Pointe”, remarque un autre, faisant référence aux nombreux voyageurs partis dans le cadre d’un comité d’entreprise. “Hierso, c’est la famille du cycliste, non ?” “Pavila, c’était un boxeur ?” “La famille Félicité, et les Germany, je les connaissais !” Comme à la Réunion, les patronymes martiniquais évoquent vite un quartier, une ville, une même famille. Et tous ces exilés se remémorent ces disparus pas forcément très proches, mais connus tout de même. Chacun y va de son petit commentaire, et la légendaire joie de vivre antillaise peine à cacher le sentiment de malaise face à pareille tragédie. “Il y a deux ans, le maire du François, Maurice Antiste, est venu rencontrer les Martiniquais de la Réunion à l’occasion d’un congrès sur la pêche. Il a parlé de nous à nos compatriotes aux Antilles. Et là, on vient de découvrir que son frère et sa belle-sœur étaient dans l’avion”, constate avec amertume Joël Mongin. “C’est sûr que nous allons faire quelque chose pour lui...” Hier, seule cette petite façade de la diaspora antillaise, qui compte environ 3 000 membres à la Réunion, a pu s’exprimer sur la catastrophe en se réunissant. Mais déjà, la solidarité s’organise et peut compter sur le soutien de toute une communauté. Aussi lointaine soit-elle.
- Nassimah Dindar La présidente du conseil général de la Réunion, Nassimah Dindar, adresse en son nom propre et celui de l’ensemble des élus et des Réunionnais ses plus sincères condoléances aux familles des victimes de la catastrophe aérienne survenue le 16 août 2005 au Vénézuela. Elle les assure de ses sentiments de compassion et d’amitié à l’occasion de cette immense tragédie et leur apporte le soutien plein et entier de tous les Réunionnais.
- L’Alliance La coordination de l’Alliance exprime sa vive émotion après l’annonce du crash aérien qui a coûté la vie mardi à 160 personnes, dont une majorité de Martiniquais. L’Alliance présente aux familles des victimes et à la population martiniquaise ses sincères condoléances tout en assurant les amis Antillais résidant à la Réunion de toute sa sympathie dans cette terrible épreuve.
- SERGE SYLVAN, AGENT DE VOYAGES “Ne pas diaboliser les charters” Martiniquais, Serge Sylvan est le directeur d’Alizés Voyage, une agence installée à Saint-Denis. Forcément, c’est vers lui que se sont tournés les autres membres de la communauté endeuillée pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé avant-hier dans le ciel vénézuélien. “Nous avons encore très peu d’informations, il faut rester extrêmement prudent”, prévient Serge Sylvan. “Et il ne faut pas commencer à diaboliser les charters, ce qu’on a souvent tendance à faire en France”, indique le voyagiste en réponse à ses compatriotes qui commencent à pointer du doigt la qualité de l’appareil affrété pour ce vol entre Panama et Fort-de-France. “Lorsqu’une agence de voyage affrète un appareil pour la France, l’aviation civile française le contrôle forcément au départ et à l’arrivée. Cela est fait aussi bien pour Air France que pour les appareils des autres compagnies”, explique le directeur d’Alizés Voyage, qui poursuit : “On a avancé comme causes du crash la mauvaise qualité du carburant, puis les pannes successives des deux réacteurs. Cette dernière cause paraît hautement improbable, c’est de l’ordre d’une chance sur un million. Et même dans ce cas-là, l’avion aurait dû planer, il ne serait pas tombé aussi vite. Dans tous les cas, on ne détiendra pas de vérité tant que les boîtes noires n’auront pas été analysées.” Quand on sait que les causes du crash de Charm el-Cheikh, survenu il y a un an, n’ont toujours pas été clairement établies, les Martiniquais vont devoir s’armer de patience avant de connaître le fin mot sur les origines de ce drame.

TSUNAMI

Pascal Barrand Journal de la Haute Marne
Publié: 18 août 2005
Le deuil qui frappe la Martinique, et plus généralement les Antilles, au lendemain de la catastrophe aérienne survenue au Venezuela, est d'autant plus intense qu'il est amplifié par deux particularités.
Il meurtrit une communauté insulaire, relativement petite et très solidaire. Ce serait beaucoup dire que tout le monde se connaît, mais les liens familiaux y sont tellement forts, que chacun connaît directement ou par proche relation une famille touchée par le drame.
Ensuite, la communauté antillaise forme une diaspora importante et fortement unie sur le territoire métropolitain, qui justifie que ce deuil soit bien un deuil national.
Les départements d'Outre-mer ne constituent pas une sorte de sous-France, ni même de France exotique dont l'unique intérêt est d'y passer les vacances. Ils sont la France, même si ils sont un morceau de France certes éloigné, et il n'est pas inutile de rappeler que les Antillais ont, eux aussi, en des temps de sombre passé, combattus pour la libération du territoire national, ici, en métropole.
Cela, entre autres faits, justifie la solidarité de la nation dans son entier, comme l'a justement souligné le ministre de l'Outre-mer François Baroin.
Il ne fait guère de doute que cette tragédie restera une plaie longtemps ouverte en Martinique, qui ne cicatrisera pas sans difficulté, ni sans amertume ou colère. Les familles endeuillées par le drame vont devoir surmonter leur douleur, et les villes ou villages décimés par la catastrophe vont avoir à en gérer les conséquences humaines et sociales d'une ampleur considérable du fait de ce contexte communautaire spécifique. La gravité d'une tragédie ne se mesure pas au nombre de ses victimes. Ce crash est un tsunami pour la Martinique.
Pascal BARRAND

Jacques Chirac pourrait se rendre en Martinique

[18 août 2005]
Allocution télévisée enregistrée depuis sa résidence d'été au fort de Brégançon, communiqué de presse de l'Elysée, entretien téléphonique avec son homologue vénézuélien Hugo Chavez : Jacques Chirac n'a pas interrompu ses vacances, mais il a rapidement pris la mesure de la catastrophe aérienne dans laquelle ont péri, mardi, 152 Martiniquais.
Le président de la République est intervenu promptement avec gravité, solennité et émotion. L'Elysée a fait savoir aussitôt que le chef de l'Etat est «en contact permanent avec le premier ministre afin que toutes les dispositions soient prises sur place avec les autorités vénézuélien nes». Rentré de vacances, le secrétaire général de l'Elysée Frédéric Salat-Baroux est chargé d'informer heure par heure le président resté dans le Var.
Devant l'ampleur du drame, Jacques Chirac décide d'envoyer dans l'île le ministre de l'Outre-Mer François Baroin. Le benjamin du gouvernement quitte alors la Creuse, où il passe ses vacances, et rejoint sur le champ Fort-de-France. Depuis les deux hommes sont en contact téléphonique «régulier». Après une première escale en Martinique, Baroin devait se rendre hier à Caracas pour rencontrer le président Hugo Chavez.
Le ministre de l'Outre-Mer a prévu de retourner en Martinique vendredi avant de rentrer à Paris «vraisemblablement» samedi. En 2003, le président avait essuyé une vive polémique après la canicule meurtrière. En vacances au Canada, on lui avait reproché son silence interprété comme un manque de compassion pour les personnes âgées victimes de la chaleur aoûtienne.
Depuis Jacques Chirac a retenu la leçon. «En tant qu'Antillais, j'ai trouvé qu'il a prononcé les bons mots, estime Axel Urgin, spécialiste de l'Outre-Mer au PS. Un tel drame ne doit pas faire l'objet d'une polémique. Le président a bien réagi. J'espère qu'il se rendra en Martinique.»
A Fort-de-France où une cérémonie d'hommage national pourrait avoir lieu la semaine prochaine, on s'attend à la venue de Jacques Chirac. «Rien n'est encore arrêté», explique-t-on au service de presse de l'Elysée.
«C'est encore prématuré pour savoir comment seront représentés les pouvoirs publics. Pour l'instant, nos efforts se concentrent sur l'identification et le rapatriement le plus vite possible des corps», avance-t-on à Matignon où «Dominique de Villepin suit le dossier en personne».
Le principe d'un «jour national de deuil» semble, toutefois, faire son chemin. Il pourrait coïncider avec un déplacement de Jacques Chirac dans l'île. Une île que le chef de l'Etat n'a plus visitée depuis 2002 et la dernière campagne présidentielle.
Bruno Jeudy

Crash du 16 août : 15 ans plus tard le souvenir et l'émotion demeurent

Il y a 15 ans, le 16 août 2005, à 3 heures du matin, heure de Martinique, le vol West Caribbean 708, s'écrasait dans le nord ouest du...